Guillaume Toumanian - Genius Loci

du 03 décembre 2020 au 23 janvier 2021

De la peinture de Guillaume Toumanian émane un faux calme, un silence traversé de sourdes perturbations, comme en tension. Que ce soit dans ses grands paysages, balayés de coups de pinceau horizontaux, ou dans ses portraits en huis clos, on a le sentiment d'être invités dans ce laps de temps suspendu qui annonce les grands bouleversements. On sent bien que tout peut advenir, mais l’artiste préfère, à la narration de l'action, le silence plein de promesses qui la précède.

Guillaume Toumanian est un peintre du vivant, qui n'a jamais été intéressé par l'inertie de l'objet. Pourtant, une nature morte s'impose dans l'exposition: un bouquet de fleurs rouges, splendide, dont le traitement pictural donne l'impression d'un bouquet de chair. Cette oeuvre, en particulier, vibre de ce qui fait la peinture de Guillaume: une expérience sensorielle puissante, un traitement de la lumière en touches fugaces, une peinture généreuse qui rentre en résonance avec chacun.

C’est pourquoi nous sommes très heureux de cette première collaboration avec l’artiste, à travers une exposition que l’on a pensée presque cinématographique, alternant les grandes échappées et les rencontres intimes.

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Guillaume Toumanian Airial Galerie Lazarew

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Genius loci 

Texte de Jeanette Zwingenberger 

« Pourquoi suis-je ici, sinon pour m’émerveiller ? » Goethe 

A l’âge de cinq ans, j’ai failli me noyer dans le « Wörtersee (lac de mots) » en Autriche. J’ai vu une autre lumière qui m’a fait naître. D’où mon attachement à la couleur bleue et aux reflets dans l’eau, cette autre côté du miroir qui est au cœur de la peinture de Guillaume Toumanian.
Pour le stoïcien Marc-Aurèle, la médecine guérit le corps tandis que la philosophie guérit l’âme. Dans l’Antiquité gréco-romaine, des esprits protecteurs
Genius loci veillent à la fois sur des lieux et des individus. Guillaume Toumanian est un de ces gardiens car il sait capter et faire vivre une parcelle d’un paysage dans un tableau au sens de l’union intime du Moi avec la nature. 

L’artiste a d’abord commencé avec une série de portraits du Chêne de son enfance dans les Landes comme la méditation d’une Présence vivante qui est au cœur de son œuvre. Toumanian nous amène dans un autre temps. Lequel ? Le temps suspendu de la peinture, du pouvoir suggestif de la couleur et de sa réverbération rétinienne, de l’acuité de la perception qui s’ouvre à la contemplation. 

Dans l’exil, la nature devient le lieu du refuge et du recentrage: une consolation. (...)

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