29. Pyrolis n°4 Adam et Eve

Pierre Daquin - 29. Pyrolis n°4 Adam et Eve

Pierre Daquin

60 x 60 cm
2022
Price on Demand

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Impression sur papier plastifié (tissu copte), tissage, brûlure
Printing on laminated paper (coptic fabric), weaving, burning

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Alliéas, 12 mai - 18 juin 2022

Chef de file de la nouvelle tapisserie dans les années 1960, couronné de succès grâce à ses grandes tapisseries-installations blanches, Pierre Daquin n’a ensuite eu de cesse de s’émanciper de l’image artisanale associée, à l’époque, à la tapisserie. D’abord, en présentant des tapisseries brulées dès les années 1968-69, puis en abandonnant en tant qu’artiste son travail de lissier pour se concentrer sur les matériaux industriels (carton d’emballage, caoutchouc, linoléum, vinyle, etc). Toujours, la volonté de révéler les envers invisibles, les intériorités insoupçonnées de ces matières. Il revendique très tôt le concept d’ «Art Souple», entre liquidité de la peinture et rigidité de la sculpture, incarné notamment dans son exposition « Action/Pli » présentée au Musée d’Art Moderne de Paris en 1974. 

Même dans ces pratiques, il a toujours retrouvé le fil; en témoignent les coupes de caoutchouc épais qui révèlent la présence d’un tissage ou l’effilement régulier des papiers d’emballage, qui produit des motifs répétitifs rappelant le textile.

L’usage de la brûlure, bien que non systématique, a également été récurrent dans son travail: papiers carbones qui fusionnent en de fascinants paysages, aluminium brulé et dédoublé, etc. Pour l’artiste, l’acte de brûler, loin d’être destructeur, répond surtout au désir de révéler l’essence des matières pour mieux les faire renaitre.

Et c’est précisément ce qui anime les travaux les plus récents de l’artiste, présentés dans cette nouvelle exposition. Revenant à ses premiers amours, l’artiste prend pour base les versions numérisées de tissus coptes ou de tapisseries célèbres (La Dame à la Licorne, l’Apocalypse). Largement étirés, les pixels des détails ainsi imprimés rappellent ceux des points de tapisserie; coupée en bande, tissée, tassée, brûlée, peinte, l’image retrouve une texture qui appelle une nouvelle lecture.

Dans ces travaux comme ceux sur carton ondulé, entamés à la même époque, Pierre Daquin, qui a toujours eu une pratique à la fois méthodique et ouverte aux accidents, valorise encore davantage ce qu’il appelle les « alliéas », ces aléas qu’il considère comme des alliés… et fait montre, s’il en était besoin, que la  constance de ses recherches plastiques s’accompagne d’une folle créativité qui n’est pas prête de tarir…