Pierre DAQUIN - Alliéas

Du 12 mai au 25 juin 2022

Nous sommes très honorés de présenter à nouveau le travail de Pierre Daquin, 4 ans après notre première exposition en commun (Interface, 2018). Si nous avions souhaité, la première fois, rassembler des oeuvres des années 1970 à 2010, nous présentons cette fois le travail le plus récent (2019-2022) de l’artiste. À travers son impressionnante production, il réconcilie de façon magistrale ses deux statuts d’artiste et d’artisan.

Chef de file de la nouvelle tapisserie dans les années 1960, couronné de succès grâce à ses grandes tapisseries-installations blanches, Pierre Daquin n’a ensuite eu de cesse de s’émanciper de l’image artisanale associée, à l’époque, à la tapisserie. D’abord, en présentant des tapisseries brulées dès les années 1968-69, puis en abandonnant en tant qu’artiste son travail de lissier pour se concentrer sur les matériaux industriels (carton d’emballage, caoutchouc, linoléum, vinyle, etc). Toujours, la volonté de révéler les envers invisibles, les intériorités insoupçonnées de ces matières. Il revendique très tôt le concept d’ «Art Souple», entre liquidité de la peinture et rigidité de la sculpture, incarné notamment dans son exposition « Action/Pli » présentée au Musée d’Art Moderne de Paris en 1974. 

Même dans ces pratiques, il a toujours retrouvé le fil; en témoignent les coupes de caoutchouc épais qui révèlent la présence d’un tissage ou l’effilement régulier des papiers d’emballage, qui produit des motifs répétitifs rappelant le textile.

L’usage de la brûlure, bien que non systématique, a également été récurrent dans son travail: papiers carbones qui fusionnent en de fascinants paysages, aluminium brulé et dédoublé, etc. Pour l’artiste, l’acte de brûler, loin d’être destructeur, répond surtout au désir de révéler l’essence des matières pour mieux les faire renaitre.

Et c’est précisément ce qui anime les travaux les plus récents de l’artiste, présentés dans cette nouvelle exposition. Revenant à ses premiers amours, l’artiste prend pour base les versions numérisées de tissus coptes ou de tapisseries célèbres (La Dame à la Licorne, l’Apocalypse). Largement étirés, les pixels des détails ainsi imprimés rappellent ceux des points de tapisserie; coupée en bande, tissée, tassée, brûlée, peinte, l’image retrouve une texture qui appelle une nouvelle lecture.

Dans ces travaux comme ceux sur carton ondulé, entamés à la même époque, Pierre Daquin, qui a toujours eu une pratique à la fois méthodique et ouverte aux accidents, valorise encore davantage ce qu’il appelle les « alliéas », ces aléas qu’il considère comme des alliés… et fait montre, s’il en était besoin, que la  constance de ses recherches plastiques s’accompagne d’une folle créativité qui n’est pas prête de tarir…

Dossier de presse

Text in english below

Text in english

We are honoured to present the work of Pierre Daquin (born 1936), 4 years after our first joint exhibition (Interface, 2018). The first time we wanted to gather his works from the years 1970 to 2010; this time we present the artist’s most recent works from 2019 - 2021.

Pierre Daquin, a leader in the new tapestry in the 1960s, never ceased to emancipate himself from the artisanal image associated, at the time, with the tapestry. Through his impressive production, he masterfully reconciles his two identities as an artist and a craftsman. First, by presenting burnt tapestries in the years 1968 - 1969, then by abandoning his work of straightener to focus on industrial materials (packaging board, rubber, linoleum, vinyl, etc.).

The desire to reveal the invisible upsides is always present and the unexpected inferiorities of these fabrics. He claimed the concept of ‘Flexible Art’, between the liquidity of painting and rigidity of sculpture, embodied notably in his exhibition ‘Action/Pli’ presented at the Musée d'Art Moderne in Paris in 1974.

Even in these works, he has always found the thread, as evidenced by the thick rubber cuts that reveal the presence of a weaving or the regular tapering of packaging paper, which produces repetitive patterns that recall the textile.

The use of burns, although not systematic, has also been recurrent in his work, such as carbon papers that merge into fascinating landscapes, and burnt and split aluminium. For the artist, the act of burning is not only destructive: it reveals the essence of the materials as if they were being reborn. This is precisely what animates the most recent works of the artist, which are present in this new exhibition.

Returning to his first love, the artist starts from the digitized versions of Coptic fabrics or famous tapestries - The Lady with the Unicorn, the Apocalypse. Widely stretched, the pixels of the details thus printed recall those of the tapestry stitches; the image, cut into strips, woven, packed, burned, painted, finds a texture that calls a new reading.

Pierre Daquin, who has always been methodical yet open to accidents, values what he calls the ‘Alliéas’. These allies are hazards that are evident in such works as those on corrugated cardboard and show that the constancy of his plastic research is accompanied by a crazy creativity that is not afraid nor ready to dry up...